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Comment aider son adolescent à faire le bon choix de carrière?

Dernière mise à jour : 19 oct. 2023



En tant que parent, nous nous attribuons souvent une grande responsabilité quant à la réussite de nos enfants. Nous voulons ce qu’il y a de mieux pour eux. Nous aimerions les voir choisir une carrière qui leur permettra d’exprimer leurs talents et leurs passions, mais aussi nous aimerions que les perspectives d’emploi et le salaire soient bons. Malgré toutes nos bonnes intentions, il peut s’avérer que la situation ne se déroule pas exactement de la même façon qu’on l’anticipait au départ.


Il peut être difficile de savoir comment intervenir auprès de son jeune afin de l’aider dans son choix. Quoi faire? Par où commencer? Qu’est-ce qu’on doit éviter de dire? En résumé, y a-t-il une bonne façon de procéder?


Tel que le souligne Louis Cournoyer, directeur de la maîtrise en counseling de carrière et professeur à l’UQAM, sachez que la période de choix de carrière est une période de grand changement sur tous les plans, soit physiologique (au niveau du développement du cerveau), sociale (nous rencontrons beaucoup de nouvelles personnes) et le temps pour faire un choix à l’entrée de l’âge adulte est plutôt court et rempli de règles strictes (par exemple la cote R). Il n’est donc pas anormal de voir 85% des jeunes démontrant de l’indécision.


Voici les sentiments et les questionnements que peut vivre votre adolescent lors de cette période :


1- De l’indécision, du stress, de l’anxiété et de l’angoisse

2- Il cherche à obtenir de l’information scolaire et professionnelle, mais il ne sait pas toujours comment la traiter. C’est tout simplement trop d’information. Parfois, il est incapable de reconnaître les similitudes et les différences entre les emplois. Il est possible qu’il n’arrive pas à organiser toute l’information qu’il reçoit en l’alignant avec ce qui compte réellement pour lui.

3- Il a besoin d’autonomie, de sentir qu’il contrôle sa vie, mais aussi d’accompagnement.

4- Il doit choisir et "choisir" signifie renoncer en même temps, donc éliminer des choix. Il faut par conséquent, assumer ses choix. (tiré de la conférence « Comment nourrir un lien fort et orientant avec son enfant?» par Louis Cournoyer)


Maintenant, si on se posait la question du départ différemment, en se demandant plutôt: Existe-t-il « UN BON CHOIX DE CARRIÈRE »? La réponse est qu’en réalité : « on ne trouve pas une carrière, on apprend à la construire »! On continue d’ailleurs de la construire, tout au long de notre vie. C’est pourquoi il faut miser sur le processus plutôt que la finalité. Cela signifie qu’on doit s’intéresser aux étapes et aux éléments qui mènent vers le choix par opposition à miser sur le choix final. Dans la réalité, je comprends que cela semble plus facile à dire qu’à faire puisque nous avons nous-même nos propres insécurités et au moment où nous ciblons un choix pour nos adolescents qui rencontre, selon notre point de vue, tous les critères, ce choix est rassurant!


Toutefois, si nous n’arrivons pas à accompagner nos enfants dans les étapes et les éléments qui composent un choix et que nous ne faisons que nous attarder au fait de prendre une décision; nous réglons en réalité le problème temporairement et nous risquons de reporter ce même problème de prise de décision plus tard dans la vie de notre adolescent.


Je vous donne un exemple, si j’apprends à mon enfant à cuisiner, il pourra refaire différentes recettes alors que si je lui apprends par cœur une recette sans en comprendre les étapes, il ne sera pas capable d’en inventer d’autres et de s’approprier les compétences nécessaires afin de cuisiner par la suite. Il ne saura que copier par cœur les recettes que je lui aurai apprises ou il aura toujours besoin de moi pour cuisiner de nouvelles recettes. Voici un autre exemple, lorsqu’on apprend à nos enfants à faire du vélo, on ne leur parle pas immédiatement de faire un triathlon. On commence plutôt par décomposer les étapes en leur expliquant qu’ils doivent garder un pied par terre, ensuite ils doivent pousser sur le pied qui est encore sur le sol pour se donner un élan et en même temps pédaler afin de partir, etc… Bref, on décompose l’action et on est dans le moment présent.


Maintenant, en tant que parent, comment puis-je concrètement aider mon enfant?


Voici les habiletés personnelles que vous devrez utiliser ainsi que quelques pistes de réflexion:


1- Tout d’abord, il faut établir une relation de confiance afin que votre enfant puisse venir se confier à vous. Soyez donc présent et à l’écoute.

2- Ensuite, tenter de voir le monde à partir de sa vision, ceci veut dire : « se mettre dans ses chaussures ». C’est normal de ne pas penser de la même façon et cela ne nous empêche pas d’essayer de découvrir les raisons qui le motive à penser d’une certaine façon.

3- SOYEZ VRAI! Rester vous-même et sincère. Votre enfant vous connait et il donnera davantage d’intérêt à vos commentaires s’il sent que ceux-ci sont sincères.

4- Essayez d’écouter sans porter de jugement en respectant sa pensée et sans l’évaluer.

5- Discuter avec lui en lui demandant de nommer ses expériences personnelles et professionnelles. Les bonnes et les moins bonnes. Ce qu’il a retenu de ces leçons de vie. L’important est de lui permettre de faire du sens à partir de ses expériences afin qu’il arrive à nommer et reconnaître son vécu. Ceci lui permettra de le transposer éventuellement dans une carrière.

6- Questionner les « absolus »! Par exemple, les mots « Il faut », « toujours » et « jamais » sont souvent des mots qui ferment les possibilités et empêchent l’exploration.

7- Parlez-lui de son « idéal »! Échangez sur ce qui serait la situation idéale, la profession ou et la vie idéale et demandez-lui de vous décrire ce qu’il entend par là. Reflétez-lui en résumant ce qu’il vient de décrire pour qu’il puisse s’approprier ses descriptions. Nommez ce qui lui parait le plus important, puis tentez de voir dans quel emploi cela pourrait se transposer.

8- Tel que mentionné ci-haut, soulignez à votre enfant non pas le choix professionnel des autres, mais plutôt le processus décisionnel par lequel ils sont passé. Questionnez-le sur comment certaines personnes de son entourage ont procédées pour faire leur choix, les difficultés qu’ils ont rencontrées et les apprentissages qu’il en ont retirés.


Pour en savoir davantage concernant ce sujet, vous pouvez consulter le site Espace Parents :www.espaceparents.org. Ce site a été réalisé par l’ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec : Vous y trouverez beaucoup d’informations intéressantes afin de vous accompagner et de vous outiller dans le développement personnel et identitaire de votre enfant.


Afin de poursuivre votre réflexion, je vous propose le livre «S'orienter malgré l'indécision», de Isabelle Falardeau et Roland Roy. Ce livre comprend une typologie des indécis, répertoriée auprès de jeunes du secondaire, de l'universitaire ainsi que de jeunes non scolarisés (15, 25 ou 35 ans). Beaucoup d'entre eux qui ressentent de l'indécision professionnelle, à l'école ou non, se reconnaîtront probablement et trouveront des stratégies pour les aider. Enfin, le présent article s’est inspiré d’une conférence qui a été diffusée dans le cadre de la Semaine québécoise de l'orientation en 2019, donnée par Louis Cournoyer, professeur à l’Université du Québec à Montréal. Je vous recommande donc son livre : «L’ado en mode décision, 7 profils pour comprendre et aider son choix de carrière», par Louis Cournoyer et Lise Lachance.


Si vous continuez d’avoir des questions ou que votre enfant nécessite une aide plus approfondie dans son choix de carrière, n’hésitez pas à communiquer avec une conseillère d'orientation. Les professionnels de l’orientation sont là pour vous aider !


Sylvie Taillefer

Conseillère d’orientation, Coaching Carrière


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